Rap et Islam – Episode 1 : Akhenaton, Dirigé vers l’Est
Issus essentiellement des banlieues, où les communautés musulmanes sont les plus présentes, la plupart des rappeurs français ont inscrit les thèmes sociaux, politiques et religieux dans leurs chansons. Soit avec une revendication forte, soit par un message poétique et spirituel.
L’Islam dans le rap sert-il la révolte au profit des plus démunis ? Ou bien est-il porteur de valeurs d’intégration et d’humanisme d’abord ? Inspire-t-il la beauté de certains textes poétiques ou nourrit-il la colère nécessaire pour faire changer le monde ?
Akhenaton aborde le sujet au moins de deux façons différentes. Avec une chanson de son album solo Métèque et Mat, Dirigé vers l’Est (en écoute ici), il témoigne avec une grande force de l’espoir que peut provoquer la foi dans Allah :
Que les pouvoirs de Dieu se manifestent,
Attendant la venue d’Aïssa
Ce regard que tourne Abd-El-Hâkim vers l’Est, c’est bien entendu vers la Mecque qu’il s’oriente. Et Aïssa, tant attendu, est le nom de Jésus, le prophète qui annonce le règne de Dieu sur Terre.
Dans cette chanson, Akhenaton évoque sa conversion à l’Islam, datant de 1993, au cours de laquelle il prit le nom d’Abdelhakim :
Celle d’être né, d’être appelé deux fois.
Il fait part aussi de la discipline de la foi et de l’importance du spirituel tel qu’il le vit :
Plus important pour l’homme est la mémoire il faut croire
Que les témoignages de mes pères me guident
Sans fin comme un objet propulsé dans le vide.
Un texte très poétique donc. Mais quelques années plus tard, avec son groupe IAM, Akhenaton laissera aussi libre cours à la révolte et à l’appel à l’humanisme dans la chanson La Fin de leur Monde, dont le clip illustre violemment le propos :

